J’aime dire que tu es ma fiancée. Je me suis habitué à ce mot. Chez moi cette période n'existe pas vraiment, où elle est très courte. elle permet aux promis
de se voir, de se parler en respectant la tradition.
C'est vrai que selon mes convictions il faudrait que l'on soit déjà marié mais au fond, pour moi tu es ma femme. Je vis ici en France et c'est différent, donc ce n'est pas grave socialement pour
ma famille mauritanienne.
Je comprends ce que tu vis car pour moi aussi tout va très vite. Beaucoup de changements parfois, vraiment beaucoup.
Et finalement je commence à apprécier cette période de fiançaille aussi.
Avançons tranquille Amré.
J’adore ce mot à la fois romantique et fragile : les vœux sont exprimés
mais rien n’est joué. Je vis cette étape comme un délice avant le grand changement de vie, l’installation à deux, les rêves et projets en commun, un autre statut social, le lit à partager ...
tout le temps... : vite que je m'étale encore en travers de on lit.
J’ai observé ta déception que je retarde un peu la demande de main et souhaite
vivre les fiançailles d’abord. Et pourtant je veux avancer avec toi en construisant une relation solide et magique : tu es le seul prétendant que je souhaite entendre, combler,
accompagner. Fais moi confiance Hesse
En fait, j’ai encore besoin d’être courtisée. Cela va un peu vite pour moi et j’ai le sentiment que le projet
de mariage doit aussi s’imposer de façon impérieuse comme tout le reste. Nous avons tant de projets lancés en même temps que la panique me prend parfois. Accorde nous ce temps pour enrichir notre
relation, pour franchir les étapes sereinement.
Je t'aime et je ne doute pas que nous soyons heureux. Mais j'ai pas envie de
penser à un mariage au milieu de tout le reste. Faisons les choses à l'envers ... car c'est l'endroit pour nous. Il n'y a pas d'ordre dans l'amour.
Ecoute Amré, j'ai les réponses à mes questions.
tu as eu raison de me parler comme cela... c'est pour notre avenir à tous les deux.
J'ai parlé à mon père pour lui dire que j'avais rencontré la femme de ma vie, que j'étais sûr de mes sentiments, que j'étais vraiment
amoureux pour la première fois.
Je lui ai dis que je resterai ici avec toi, que je ne rentre pas. Je l'ai rassuré que tu t'intéresses à la Mauritanie et aimerais
venir les rencontrer mais que ce n'était pas possible maintenant.
Je lui ai dit qui étaient tes parents et que nous avions beaucoup en commun.
Je lui ai annoncé que tu n'étais pas musulmane. Que tu respectais les religions de chacun, que tu facilitais les choses pour que je
prie tranquille devant toi.
Mon père m'a répondu que c'était mon choix et qu'il respectait cela. Il nous a transmis ses bénédictions et m'a fait des recommandations.
Je me sens mieux, soulagé d'un gros poids, prêt
à avancer. C'est important pour moi : c'est officiel maintenant je veux avancer avec toi. J'ai pris du retard ces temps-ci parce que je réfléchissais beaucoup. ça va maintenant, je t'aime
Ayatti.
"Alors, nous avons regagné le troupeau mon amour ? Tu m'as expliqué que dans ta culture on ne fréquente pas une femme sans l'avoir
épousée... d'où bien des catastrophes et peu d'histoires d'amour durable d'après moi mais une
cascade d'obligations sociales, de concessions. Je comprends que tu n'étais pas en accord avec toi et tes convictions, tes principes religieux aussi peut-être : mais je ne l'ai jamais vécu comme un
manque de respect envers moi ou les miens : autre monde autres moeurs, tu le sais! Tranquilise toi. C'est ignorer la réalité du fonctionnement des personnes et prendre des engagements irréalistes
qui seraient dommageables pour chacun de nous et nos proches.
Si cette confidence à ton père t'aide à te réconcilier avec toi-même et te donne la force d'envisager des actes constructifs j'en suis apaisée. Cela m'a surprise quand même parce que cela me
paraît tôt pour rejoindre le troupeau. Mais c'est le bon moment pour toi, alors ça va. Et je remercie ton patriarche pour ses bénédictions. A moi aussi tu as tourné la tête..."
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